Parce qu'avant d'être fans de Jacqueline Carey, nous sommes avant tout des amoureux de littérature et plus particulièrment de fantasy, nous souhaitons vous faire partager nos coups de coeur.
Nous nous efforcerons donc au gré de nos lectures, de mettre à jour régulièrement cette page avec nos dernières trouvailles.
Comme disait Anafiel Delaunay "Toute connaissance est bonne à prendre"
La Voie des Ombres de Brent Weeks
L'Ange de la Nuit Tome 1
"Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l'assassinat est un art et il est l'artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la ni des temps.
Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d'un seul coup d'oeil et à prendre des risques - comme proposer à Durzo Blint de
devenir son apprenti.
Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d'identité, aborder un monde d'intrigues politiques, d'effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier
ce qui lui est le plus précieux...
Brent Weeks, né en Arizona, passa quelque temps à parcourir le monde comme Caine, le héros de KungFu, à s'occuper d'un bar et à corrompre la jeunesse (mais pas en même temps), avant de commencer
à écrire sur des serviettes en papier de restaurants. Enfin, un jour, quelqu'un décida de le payer pour ça. Voici le coup d'envoi de sa première trilogie, déconcertante de maîtrise, entre Robin
Hobb, Scott Lynch et David Gemmell. À couper le souffle."
Présentation des Editions Bragelonne
Comme il est doué ce Brent Weeks ! Il y avait longtemps que je n'avais pas vécu un aussi bon moment avec une histoire à la fois classique et bien tournée.
Un système de magie intéressant mais pas révolutionnaire, une love story qu'on voit venir gros comme une maison, un parcours d'élévation sociale déjà vu. Bref une fois dit tout cela, on se
demande ce qui peut faire de La Voie des Ombres un objet d'intérêt si original.
Et bien oui de nombreux ingrédients sont connus et habituels mais Weeks a une façon de vous accrocher aux héros qui font de ce bouquin un "page-turner" de première qualité.
Rien à voir avec la richesse d'écriture de Carey, tout simplement parce que le monde dans lequel démarre l'intrigue n'a rien à voir avec la luxuriance de la noblesse de Terre d'Ange.
Cenaria est un des royaumes de Midcyru et ce n'est certainement pas le plus reluisant. Mais c'est là que les choses intéressantes se passent : dans les bas-fonds d'un triste royaume.
Un petit mendiant crève la faim et un assassin, ce n'est pas très engageant comme personnalités charismatiques. Et bien pourtant on marche à fond !
Je ne suis pas très douée pour faire un résumé qui exprime mon enthousiasme sans tomber dans le spoiler. D'autant plus que ce qui fait l'intérêt du livre, c'est qu'au fur et à mesure que
l'histoire avance, des orientations inattendues continuent à apparaitre et à nous surprendre.
Comme souvent, on part de la petite destinée de Azoth le "rat de Guilde". Sa situation est plus que précaire et c'est pour lui une question vitale de devenir l'apprenti de l'artiste assassin de
sa ville.
En dire plus sur ce qu'il advient de lui c'est donner trop d'indications.En même temps j'ai affaire à des experts, donc vous vous doutez bien qu'il y a plus dans l'avenir d'Azoth que de
simplement devenir le digne successeur de son maître assassin.
Voici la traduction du commentaire de Terry Brooks sur le 4ème de couv de la V.O. : "J'ai été hypnotisé du début à la fin. Des personnages inoubliables, un "plot" qui n'a cessé de m'intriguer, de
l'action ininterrompue et le genre de style en profondeur qui me fait admirer le travail d'un écrivain"
Oui j'entends déjà les grincements de dents de ceux qui n'apprécient pas Shannara. Petite parenthèse : d'abord toute la série Shannara n'est pas aussi nulle que les mauvaises langues le
prétendent, ensuite Brooks c'est aussi l'auteur de "Royaume Magique à vendre" et cela m'a bien fait rire. Et enfin ce n'est pas parce qu'on n'aime pas Brooks en tant qu'écrivain qu'il
n'est pas en mesure de donner un bon avis sur un bouquin.
Personnellement je ne croyais pas que je serais aussi intéressée par l'histoire d'un futur tueur surtout relatée depuis son enfance malheureuse.
Mais j'espère vraiment que ceux et celles qui ont aimé le Fitz de Hobb trouveront le même intérêt dans cet Azoth devenu Kylar qui n'a ni noblesse d'origine, ni interrogations métaphysiques.
Bon là je plaisante, le héros de Weeks s'interroge mais comme l'histoire n'est pas racontée à la première personne, ce fut peut-être moins inhibé de mon point de vue.
Parce qu'il y a vraiment beaucoup d'action. Peu de moments de répit sur 645 pages : les 200 dernières que l'on a envie de pouvoir lire d'une traite alors que l'on s'est déjà fait clairement
embarquer à toute vitesse par les 445 premières.
Par Sangoire.
Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss
Chronique du tueur de roi, première journée Tome 1
«J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui tirent les larmes aux ménestrels.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.
Je suis le plus grand magicien de tous les temps. Il me reste trois jours à vivre. Ceci est mon histoire.»
Présentation des Editions Bragelonne
Alors Le Nom du Vent, c'est un aubergiste qui raconte son histoire. Voilà. Je vous avais prévenu... Bon je plaisante, voici ma présentation (essayez... Non,
imaginez le son des trompettes, les cris de la foule en liesse, tandis que je m'avance sur l'estrade, déroule un parchemin, attends quelques secondes le temps que la foule se calme, puis déclame
ce qui va suivre d'une voix forte et mélodieuse)
Le Nom du Vent est le premier tome d'une trilogie, écrite par Patrick Rothfuss un nouvel auteur qui a fait une entrée fracassante dans le monde si dur et merveilleux de
la fantasy.
Le héros se nomme Kvothe et au début du récit, il est effectivement aubergiste. Puis arrive le Chroniqueur, un biographe, qui sait qui il est vraiment et réussit à le persuader de lui raconter sa
vie. Car l'aubergiste tranquille est en fait une légende de son temps. Maintes histoires courent sur lui, et Le Nom du Vent nous révèle la véritable histoire de ce héros,
sorcier, guerrier, tueur de roi et ménestrel, principalement son enfance parmi une troupe d'artistes puis son adolescence à la prestigieuse Université où nait sa légende.
Le récit se déroule principalement à la première personne, lorsque Kvothe nous conte sa vie. Les passages au présent étant quant à eux à la troisième personne.
Pour un premier essai, Patrick Rothfuss ne s'est pas raté. Son héros est vraiment fascinant, et rapidement on est aussi avide que son auditoire d'en apprendre plus sur sa vie. On découvre comment
certaines légendes sur lui sont nées et comment le conte peut parfois être éloigné de la réalité. L'auteur écrit un récit captivant, interrompant judicieusement le récit de Kvothe pour des
passages au présent qui démarque Le Nom du Vent des autres livres à la première personne. Ces passages suscitent l'intérêt, non seulement parce qu'ils mettent en relief certains événements du
récit de Kvothe mais aussi car Kvothe n'est guère âgé (25-30 ans environ) et on sent que son histoire n'est pas encore finie. On se demande pourquoi il se cache et de qui.
En résumé, ce livre regroupe tout ce qui fait un bon livre, c'est-à-dire des personnages intéressants (en premier lieu son héros), de l'humour, de l'action, un monde merveilleux et bien construit
qu'on a envie de découvrir encore plus (la magie en particulier est très intéressante, presque scientifique), du mystère, une histoire d'amour et évidemment de l'héroïsme.
Que dire de plus ? Un défaut peut-être ? La fin m'a satisfait, sans être exceptionnelle, pas de gros cliffhanger. Mais j'ai pris tant de plaisir à le lire, que ça ne me gêne guère et puis elle
donne tout de même envie de lire la suite.
Pour conclure je vous invite juste à lire ce roman.
Par Lucide
La Horde du Contrevent d' Alain Damasio
"Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent.
Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde
debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.
Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d'un même feu l'aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d'un sens profond du
vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d'un pinceau, d'une caméra ou d'une arme…
Chef-d'œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire.
Alain Damasio écrit peu, par exigence. Son premier roman, La Zone du Dehors, paru chez Cylibris, est réédité par La Volte."
Présentation des Editions Folio SF
La Horde du Contrevent est un ouvrage qui peut dérouter, ce n’est pas un livre facile mais c’est une formidable aventure littéraire. Tout comme il est difficile de
décrire de la poésie ou ce qui nous touche dans une chanson, la Horde a un son, une mélodie, un rythme que l’on ne trouve pas à tous les coins de librairie.
Pour vous inviter à y entrer, je dirais en citant l'ouvrage :
" Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur des vitesses"
Il s’agit d’un récit raconté à plusieurs voix. Ces voix sont celles des vingt-trois membres de la trente-quatrième Horde de Contre.
Une horde c’est un groupe d’individus formés dés leur plus jeune age pour atteindre un Extrême Amont légendaire et convoité. Il leur faut remonter d’Ouest en Est contre tous les vents qui battent
leur monde en pente. Parce qu’au bout se trouve l’origine de ces vents, l’explication ultime au fonctionnement de leur monde soufflé.
C'est cette remontée acharnée et tenace qui nous est contée.
Sur cette terre où les vents ne laissent aucun répit et où même les Abrités sont à la merci des caprices de l’air vivant et de ses neuf formes, la Horde est l’émanation d’une volonté ancestrale
de comprendre les origines de cet état de fait.
Dans cette progression qui est une lutte permanente, chaque membre de la Horde a un rôle particulier et une relation au groupe différente. Alain Damasio réussit à donner un style différent à
chaque voix, qui permet d’identifier le narrateur momentané à son vocabulaire, sa façon de s’exprimer, comme si on entendait leurs voix autant qu’on les lit.
Vous l’aurez compris l’élément principal de cette aventure, c’est le Vent. Mais au fur et à mesure on comprend aussi que le personnage qui dépasse et avale tous les autres, c’est la Horde en
elle-même : cette unité compactée qui englobe, protège mais dont on sent qu’elle est capable de broyer ses membres sans merci, si besoin est ; c’est à elle tout entière que l’on s’attache sans
s’en rendre compte dés les premières pages.
Qu’est ce qu’un groupe, sur quoi se fondent l’unité et la solidarité de la Horde et au final le groupe est-il plus fort que le but qui lui a été fixé ? Et pourquoi ce but ? Et finira-t-elle mieux
que les trente trois précédentes qui ont échoué depuis huit siècles.
Je ne résiste pas au bonheur de vous présenter les membres de la Horde pour que vous puissiez vous faire une première impression
• Ω Golgoth, traceur
• π Pietro Della Rocca, prince
• ) Sov Strochnis, scribe
• ¿´Caracole, troubadour
• Δ Erg Machaon, combattant-protecteur
• ¬ Talweg Arcippé, géomaître
• > Firost de Toroge, pilier
• ^ Tourse, l'autoursier, oiselier-chasseur
• ´, Steppe Phorehys, fleuron
• )- Arval Redhamaj, éclaireur
• ˇּDarbon, le fauconnier, oiselier-chasseur
• ∞ Horst et Karst Dubka, ailiers
• χ Oroshi Melicerte, aéromaître
• (.) Alme Capys, soigneuse
•<> Aoi Nan, cueilleuse et sourcière
• ∫ Larco Scarsa, braconnier du ciel
• ◊ Léarch, artisan du métal
• ~ Callirhoé Déicoon, feuleuse
• ∂ Boscavo Silamphre, artisan du bois
• ≈ Coriolis, croc
• √ Sveziest, croc
• ]] Barbak, croc
Ce qui pour moi est une des forces du livre c’est qu’il n’y a pas de mise en place, le lecteur est projeté, propulsé à l’intérieur de la Horde sans autre forme de procès comme on dit. Parce qu’il
est dans les pensées des différents membres de la Horde qui décrivent sa progression chacun à sa façon, avec son point de vue et sa personnalité, il devient lui aussi un membre de la Horde et pas
forcément plus silencieux que certains, parce que tous les Hordiers ne s'expriment pas à égalité, il faut bien le dire.
Le lecteur est donc considéré comme déjà initié au langage et aux particularités du monde de la Horde, il apprend et comprend au fur et à mesure et rien ne dit qu’une deuxième lecture ne lui
permettra pas de comprendre d’autres subtilités.
Tout comme certains peuvent rester des heures à contempler la mer ou un feu, il y a dans l’élément Vent décrit par l’auteur une dimension hypnotique et magique, qui fait de ce roman une
expérience unique et déroutante.
Si vous n’avez pas peur de confronter votre esprit à tous les vents, si vous ne craignez pas la claque que ce souffle original ne manquera pas de vous faire ressentir, c’est que vous êtes prêt à
contrer avec la Horde du Contrevent. Accrochez vous, ca décoiffe !
Par Sangoire.
L'Esclave de Carol Berg
Rai-Kirah Tome 1
"Seyonne n’a pas toujours été esclave.
Autrefois, les membres de son peuple étaient les gardiens d’une magie protégeant le monde contre les démons. Autrefois... avant que les Derzhi ravagent leurs terres et les réduisent en
esclavage.
Après seize années de misère et d’humiliation, Seyonne est résigné : il attend la mort en évitant le surcroît de souffrance qu’apportent l’espoir et le souci d’autrui.
Mais, lorsqu'il est acheté par Aleksander, prince de l’empire derzhi, son fatalisme désespéré vacille. Ce nouveau maître, d’une insouciante cruauté, héritier d'une civilisation qui a assujetti la
sienne et règne sans partage sur son monde, semble la proie des démons. Que deviendrait le monde sous l'emprise d'un empereur à leur merci ? Devinant en Aleksander les germes de la grandeur,
l'esclave devra, pour le sauver, trouver la force de mener son dernier combat."
Présentation des Editions Bragelonne
C’est un récit à la 1ère personne narré par Seyonne qui est esclave depuis que l’Empire Derzhi a vaincu son peuple les Ezzariens. Au début nous ne savons que très peu de choses sur lui, juste que
cela fait 16 ans qu’il est asservi et qu’il a eu tout au long de ces années différents maîtres plus ou moins cruels. L’histoire commence où Seyonne est vendu au fils de l’Empereur, Aleksander. Ci
ce dernier se montre au départ particulièrement dur et sans pitié envers Seyonne, de fil en aiguille une relation toute particulière se développera entre eux, née d’abord par la contrainte et le
besoin. En effet Aleksander se voit affligé d’une malédiction et il semblerait que les clés de sa guérison se trouvent dans le passé de Seyonne et du peuple Ezzarien.
Il m’est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler l’histoire car tout l’intérêt du livre se trouve dans le passé de Seyonne et de son peuple, que nous découvrons petit à petit. Carol
Berg distille les informations avec intelligence et au moment opportun durant le récit, ainsi même si nous ne sommes pas face à de la « grande fantasy épique », la curiosité du lecteur est
suffisamment piquée pour poursuivre la lecture. La grande force de ce livre en sont les personnages et leurs relations, les mystères qui les entourent sont traités avec une psychologie
particulièrement soignée et fine. Si j’émets quelques réserves c’est parce que selon moi il manque ce que j’appelle le « worldbuilding », nous n’avons pas une vision claire du monde et de son
fonctionnement, même si quelques infos sont lâchées de ci de la au détour d’une réflexion ou d’une phrase. Tout d’abord à commencer par l’Empire Derzhi, nous savons qu’il est tout puissant mais
nous n’avons aucune idée jusqu’où celui-ci s’étend et l’absence de carte vient renforcer cette impression de flou. Ce n’est de toute évidence pas le focus de l’auteur, mais c’est parfois
frustrant pour le lecteur de naviguer en aveugle. Donc vous l’aurez compris, nous sommes très loin des fresques épiques à la Jordan ou à la Martin, les protagonistes sont peu nombreux, il n’y pas
de grandes batailles (mais plutôt des duels) ni d’enjeux planétaires (quoique…à voir avec les prochains tomes) mais ceci serait plus ce que j’appellerai un huit-clos avec une quête personnelle.
J’espère en apprendre plus dans les tomes 2 et 3 sur cet univers, en espérant que l’auteur aura un peu étayé son développement.
Mais ceci ne doit pas vous décourager, car néanmoins voici là un très beau début.
Par Ange