Scify Guy - Mai 2009

Traduit de l'anglais par l'équipe de Terre d'Ange.

 

Attention toutefois, cet entretien est susceptible de contenir des spoilers pour les lecteurs n'ayant lu que la 1ère trilogie de Kushiel !

 

 

Q1. Sur votre site vous parlez d’évènements personnels qui ont entouré la création de Santa Olivia. Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce qui vous a poussé à écrire ce livre en particulier et maintenant ?

C’est très en rapport avec le climat politique – le débat sur l’immigration, les propositions de bâtir un mur géant le long de la frontière Mexicaine, les propagandes de guerre, les services de renseignements détournés afin de servir des intentions politiques, l'enlèvement et la torture des détenus. Ce sont tous ces thèmes qui servent de toile de fond au roman, ainsi que des questions qui restent actuelles malgré le changement de climat. J’ai pensé que ça pourrait être intéressant de prendre ces éléments à l’extrême, et de voir comment un personnage, mon héroïne génétiquement sans peur Loup, pourrait incarner l’espérance au milieu de l’apathie et du désespoir.

Q2. Vous avez déclaré que Santa Olivia contient certains de vos personnages secondaires préférés. Vous pouvez nous en dire davantage sur eux ?

J’adore Pilar Ecchevarria et Miguel Garza, parce qu’ils sont tellement sans complexe et eux même. Pilar est une aspirante croqueuse de diamants sans scrupule avec un gros cœur qui la mène à l’opposé de tout ce qu’elle pense vouloir. Miguel est une brute et un idiot qui se révèle être bien moins idiot qu’il ne le pense. Et il a plein de bonnes tirades ! Tous les deux sont très drôles à écrire.

Q3. Est-ce que vous avez prévu d’écrire une suite à Santa Olivia ou bien un projet similaire dans le domaine de la Fantasy urbaine ?

J’ai une suite en tête pour Santa Olivia, une sorte de polar beaucoup plus léger que le premier volume, même s’il continuera à traiter de sujets politiques actuels. Et je suis également en train d’envisager un autre projet de fantasy urbaine – en réalité situé dans une petite ville – mais c'est à peine au stade embryonnaire. Nous verrons bien !

Q4. La boxe est un thème majeur de votre histoire. Quelle sorte de recherches avez-vous effectué afin de préparer l’écriture de ces scènes ?


C’est un fait peu connu, mais j’aime regarder la boxe. Aucune autre personne que je connaisse ne le fait, je ne suis donc pas très assidue, et la plupart du temps je regarde lorsque je suis en déplacement. J’ai lu une très complète Histoire de ce sport, ainsi que quelques manuels d’entraînements techniques, et puis j’ai regardé un grand nombre d’anciens matchs sur le net. Assez étrangement, lorsque j’étais à la fac, j’ai réussi à voir le match tragique entre Ray « Boom Boom » Mancini et Duck Koo Kim qui a entraîné la mort de ce dernier, suite à des dommages au cerveau infligés pendant le combat. Aucun doute que cela m’est resté à l’esprit durant toutes ces années.
 
Q5. A la base vous deviez publier Santa Olivia sous un pseudonyme. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

A l’origine, mon éditeur et moi étions inquiets sur le fait qu’arriver avec un roman si différent des livres pour lesquels je suis connue, pourrait avoir des retombées négatives sur les ventes. Prendre des risques créatifs est bénéfique pour l’artiste, cependant il y a toujours un potentiel risque commercial. Nous avons pensé qu’utiliser un pseudonyme pouvait limiter ce risque, et peut être atteindre un public différent. Mais lorsque le planning éditorial a été fixé, nous avons réalisé que Santa Olivia sortait à un mois d’intervalle de Naamah’s Kiss et décidé que le décollage des ventes ne serait plus un problème et qu’au contraire il y avait plus d’avantages à utiliser la notoriété de mon nom, quelle qu’elle soit. En d’autres termes, ce n’est qu’une question de résultat final.

Q6. Quels livres lisez-vous lorsque vous en avez l’opportunité ? Y’a-t-il des auteurs, des séries ou des genres incontournables ?

Malheureusement, je n’ai pas le temps de lire pour le plaisir autant que je le souhaiterais; je passe beaucoup de mon temps de lecture sur des travaux de recherches. Résultat, je n’ai pas de chouchou actuellement. Mais je suis une lectrice éclectique et je lirais volontiers à tous les niveaux dans n’importe quel genre. J’ai de vieux favoris auxquels je reviens de temps en temps comme les romans de Mary Renault situés dans la Grèce Antique, ou en fantasy, les ouvrages d’auteurs tels que Patricia McKillip, Guy Gavriel Kay, et Richard Adams.

Q7. Si vous pouviez être une créature fantastique, laquelle seriez-vous et pourquoi ?

Je choisirais la sirène parce que j’ai toujours voulu savoir chanter. Et il y a une certaine analogie avec le fait d’être écrivain, sauf qu’au lieu de se servir d’une belle voix pour attirer les hommes dans une tombe marine, nous nous efforçons d’utiliser une belle prose pour entraîner les lecteurs dans les profondeurs des mondes que nous créons.

Q8. Le mois prochain vous sortez votre nouveau roman qui est le début d’une toute nouvelle trilogie de votre série Kushiel. Parlez-nous un peu de Naamah’s Kiss.

C’est le premier volume d’une nouvelle trilogie située dans l’univers de Terre d’Ange, mais plusieurs générations après la fin de Kushiel’s Legacy. Mon héroïne, Moirin, est née du peuple des Maghuin Dhonn, les Sorcières-Ourses, mais son père est un D’Angelin, prêtre de Naamah. Moirin possède un petit talent pour une magie subtile, elle a une nature très sensuelle, et une fâcheuse destinée qui la mènera à l’autre bout du monde.

 

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